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O.N.G. - Extrême-orient(é)
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29 janvier 2013

Chez les Moï

Sans ti

A l'arrivée, vers le 15 mai 1953, nos impressions n'étaient pas faies, "tristounettes" même. Saïgon est un port sur le Mékong, le bateau a remonté le fleuve et nous avons essuyé nos premiers coups de feu, pas bien méchants. Saïgon était la base arrière qui réceptionnait tous les militaires et les répartissait sur les champs de bataille. J'ai été affecté en Annam, d'autres au Tonkin. Les premiers allaient être très durs sur ces plateaux à 1000 mètres d'altitude, il y régnait un microclimat correct mais assez frais. J'avais vingt-deux ans, on m'a confié une section de quarante-cinq hommes, des Moï, issus de plusieurs ethnies : Radé, Djaraï, Sedang, Banar, des nomades venus du centre de l'Asie et restés sur les plateaux car ils n'avaient pas pu rejoindre la mer. Ils parlaient tous un peu français, mais d'une façon très rudimentaire.

Je pouvais être chef de section car pendant mon service militaire et les six mois précédant mon départ, j'avais passé deux brevets militaires 1er degré, j'avais donc mon certificat inter-arme. J'étais passé de caporal à caporal-chef puis sergent en trois mois. Par contre, l'avancement était en mai et juillet, j'étais sur le bateau et pas connu sur place, le travail n'a pas été fait pour moi et j'ai perdu trois ans : je suis resté sergent toute la guerre d'Indochine.

Mon Grand-Père

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