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O.N.G. - Extrême-orient(é)
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11 septembre 2012

L'expédition du Tonkin et la crise politique en France

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Dès ces premiers pas de la République parlementaire, au milieu d’une grande confusion, deux traits commencent à se dégager. Jules Ferry arrive pour la première fois au pouvoir. Il entreprend expédition de Tunisie avec l’autorisation que Bismarck nous avait donnée en 1878 au congres de Berlin, dans l’idée qu’il serait bon pour l’Allemagne que l’activité de la France se dépensât loin de l’Europe. Une grave controverse entre les Français allait naître de l’affaire de Tunisie et se renouveler pour l’Egypte et le Tonkin. Les expéditions coloniales ne risquent-elles pas de disperser nos forces, de distraire l’attention publique de notre sécurité sur le continent et des provinces perdues ? Là était le germe de querelles prochaines. (...) L’expédition du Tonkin, succédant à celle de Tunisie, fut l’origine d’une longue crise. Cette nouvelle entreprise coloniale, où s’était engagé Jules Ferry, pour la seconde fois président du conseil, était impopulaire. Elle était combattue par les radicaux chez qui subsistait la tradition du jacobinisme patriote : Clemenceau, leur chef, avait voté contre le traité de Francfort, En même temps, ils attaquaient la Constitution de 1875, lui reprochaient son caractère et ses origines orléanistes et ils en demandaient la révision. Ils prirent l’offensive en mars 1885, lorsque la nouvelle du désastre de Lang-Son arriva. Jules Ferry, que Clemenceau avait déjà accusé de « compromettre les intérêts de la France et de la République », fut renversé. Des scènes tumultueuses eurent lieu dans Paris contre « le Tonkinois », dont la politique coloniale, selon un autre mot de Clemenceau, faisait de la France « l’obligée de l’Allemagne ». Un esprit d’opposition d’une nature nouvelle naissait dans Paris et préparait les éléments du boulangisme. En même temps, le malaise et inquiétude se répandaient dans les provinces. Aux élections de 1885, pour lesquelles le scrutin de liste avait être rétabli, deux cents députés de droite furent élus.

Jacques Bainville - Histoire de France

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