Où le Rambo français se fait son film

Enfin! Le film de guerre de l’année est sorti : Le Serment de Tobrouk, ça s’appelle. Autant préciser tout de suite que je ne l’ai pas vu. Mais son réalisateur est un véritable chien de guerre, un vétéran de toutes les campagnes qui connaît aussi bien son sujet que le regretté Schoendoerffer. Il sert aussi de personnage central, d’après ce que j’ai pu en lire. Son nom, il le signe à la pointe du stylo Montblanc, d’un BHL qui veut dire Rambo. Le scénario n’est pas très difficile à deviner, connaissant l’auteur: c’est l’histoire d’un ancien-nouveau philosophe, vrai-faux témoin de l’Histoire, qui, après avoir sauvé la Bosnie à lui tout seul, décide de sauver derechef la Libye grâce à son génie. Pour ce faire, RamBHLo s’abouche donc avec de vail lants rebelles du désert dont la pré sence lui permet de se mettre pleinement en valeur, si j’en crois la criti - que d’un confrère du « Nouvel Obs », qui, lui, a eu le courage d’aller voir le nanar: « En se donnant tous les rôles, BHL semble devenir le producteur d’une autofiction délirante de mégalomanie (presque le producteur d’une guerre qu’il semble lui-même mettre en scène) où l’on voit l’écrivain tour à tour mener des entretiens décisifs aux quatre coins de la planète, consoler les militaires endeuillés, tenir tête à tout le monde, débarquer partout tel un général après la bataille, annoncer des distributions d’armes comme un Père Noël devant une assemblée de soldats réduits à lever le pouce en signe de gratitude, etc. » En somme, l’oeuvre se situe entre le documentaire de guerre pipeau et le film catastrophe à la française: ni serment de Koufra, ni taxi pour Tobrouk, ce serait plutôt le Naufrage du Rambo Warrior…