O.N.G. - Extrême-orient(é)

Zentropasie

19 novembre 2013

Extrait du discours sur le cercueil de Mores (19 juillet 1896)

Sans titre

Pendant les premières années de sa vie, Mores se livra sans réserves aux plaisirs que les dépenses spontanées de son énergie procurent à un jeune officier né fier, indépendant, et de l'espèce qui fournit les chefs. En Amérique, aux Indes, au Tonkin, il se composa, à ses risques et périls, des expériences qui le mirent à méme de fournir son maximum devaleur. Ses années de voyage et d'apprentissage terminées, il revint en France, il établit .entre les nouveautés des sociétés étrangères et les points morts de notre vieille Europe des comparaisons saisissantes. (...) Dans tous les milieux qu'il a traversés, ce Mores, mort à trente-huit ans, prit le plus étrange prestige et, pour tout dire, fit révolution. Je n'imagine pas de physionomie plus parfaitement agréable, toute faite de jeunesse, de force gracieuse, de fierté et de sympathie. Et de ces vertus, il usait de telle sorte qu'il semblait vouloir rivaliser avec les prodigalités de la nature à son égard. Ce veritable privilégié au berceau de qui furent réunis tous les avantages individuels, santé, bravoure, beauté, et tous les avantages sociaux, en a fait un emploi parfaitement noble. Avec des couleurs vives et jeunes, quels tableaux on tracerait de son inlassable ardeur quand, jour et nuit, dans les prairies solitaires du Dakotah, il guerroyait contre les chasseurs-trappeurs et échafaudait le premier des trusts américains (1883-1887);quand il chassait à pied le tigre dans les jungles indiennes (1887-1888); quand, le long du Fleuve Rouge et sur la frontière de Chine, élaborant la construction d'un chemin de fer, il traversait des bandes de pillards affamés (1888-1889); quand il dénonçait Constans (premier Gouverneur général de l'Indochine), puis les Juifs et les agents anglais (1889-1892) avant de s'orienter, hélas vers l'Afrique profonde. Partout où il promena son roman, il apportait de l'agrément et de la chevalerie, un rayonnement à la française. Merveilleux cavalier, excellent tireur, hôte généreux, il a été adoré de ses camarades au régiment, de ses collaborateurs aux colonies, de ses partisans politiques à Paris et en province quand il organisait de si étonnantes réunions politiques.

Barrès Maurice - Scènes et doctrines du nationalisme

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