14 décembre 2009
Lettre à un jeune Karen

Cher Hla Too,
Je t’écris avec l’espoir que cette lettre puisse arriver jusqu’à toi. Je n’ai eu aucune nouvelle de toi depuis le jour où je t’ai laissé dans ce coin de jungle dans lequel nous nous étions rencontrés et où j’ai eu l’honneur de devenir ton ami. Je t’avais quitté précipitamment, sautant dans une barque tandis que le sergent hurlait de me dépêcher car l’ennemi était proche. Je n’ai pas eu le temps de te saluer comme il se doit, avec les mots qui clôturent joliment tous les grands romans d’aventure.
J’ai seulement réussi à te faire un signe de la main, j’étais sur cette barque fragile qui me menait dans un endroit bien moins dangereux et toi sur une autre embarcation sur laquelle tu t’accrochais, portant un fusil qui paraissait bien trop grand pour tes 12 ans. J’ai alors pris cette photo. On pourrait penser que l’image d’un enfant armé suscite toujours une grande émotion mais chez nous, au contraire, beaucoup pensent que tu n’es qu’un barbare qui fait la guerre en raison de l’inclinaison naturelle à la violence des peuples dits « non civilisés ». Ils ignorent, ou font semblant d’ignorer, que ta guerre est le fruit de protagonistes qui parlent l’anglais d’Oxford, donnent des cours à Harvard, écrivent dans le Washington post, en cravate avec des sourires rassurants, prêts à te tuer pour faire remonter des titres boursiers. Titres boursiers sur lesquels j’aurais pu moi-même investir mes économies…
Ta photo me fait penser à ces autres jeunes, parfois très jeunes, immergés dans des conflits que la logique du supermarché global contribue inexorablement à raviver. Ici c’est un gazoduc à faire passer, là du pétrole à extraire, ou des diamants, de l’or… C’est comme ça en Birmanie, en Afghanistan, au Tibet, dans les communautés traditionnelles d’Amérique du sud, en Palestine…
Je devrais te dire que les jeux sont faits, qu’ils ont déjà décidé que l’homme disparaîtrait pour faire place au consommateur et que les nations n’existeront que si elles se soumettent au marché.
En revanche, ton peuple, qui se bat encore contre les pétroliers de Dallas et les industriels de Turin, pour ne pas perdre la terre où reposent ses ancêtres, me donne de l’espoir.
Je t’aiderais donc, Hla Too, car lorsque je parle, tu meures de la malaria, lorsque je m’indigne contre la mal, tranquillement assis à une table, ton village brûle, lorsque tout est calme ici, tu te bats, vers la mort ou la liberté.
Je t’aiderais car si tu parviens à survivre aux épreuves de l’existence, tu deviendras un homme.
Ainsi un jour, peut-être, je pourrais expliquer à mon fils qu’il est encore possible de résister aux marchands, en se rappelant avec fierté que nosu appartenons depuis toujours à une autre lignée.
de Franco Nerozzi, président de l’association « Popoli »
08 décembre 2009
Jules-Léon Dutreuil de Rhins

Jules-Léon Dutreuil de Rhins est un géographe et explorateur français né le 2 janvier 1846 à Saint-Étienne et mort au Tibet le 5 juin 1894.
Après des études à l'École navale, il commence sa carrière dans la marine marchande, puis entre dans la marine militaire lors de l'expédition du Mexique avant de revenir à la marine marchande comme capitaine au long cours. Il fait ses premières armes de géographe en 1876 lors de relevés cartographiques dans l'Annam. En 1881, il dresse une nouvelle carte de l'Indochine française, puis en 1883, il accompagne Savorgnan de Brazza dans sa mission d'exploration de l'Ouest africain.
Après une période sédentaire de 1884 à 1890 pendant laquelle il travaille au dépôt des cartes et plans de la Marine ou il poursuit ses travaux sur la géographie de l'Asie centrale et orientale. Il publie L'Asie centrale en 1889, mais il est convaincu que les problèmes géographiques ne pourront être résolus que sur le terrain : c'est le point de départ de sa mission en Haute-Asie.
Commencée en 1891, elle est principalement centrée sur le Turkestan oriental (actuel Xinjiang) et le Tibet. Il n'aura cependant pas la possibilité de la mener à bien en totalité, puisqu'il est tué lors d'un accrochage avec des Goloks (barbares tibétains) près de la localité de Tom-Boumdo, dans ce qui est aujourd'hui la province du Qinghai, le 5 juin 1894. Les résultats de cette expédition seront publiés en 1897-1898 par son jeune associé, Fernand Grenard, sous le titre Mission scientifique dans la Haute-Asie.
- Le royaume d'Annam (1879)
- Carte de l'Indo-Chine orientale (1881)
- Levé du cours de l'Ogooné (1884)
- L'Asia centrale (1889)
29 novembre 2009
NRH n°19 : La Chine et l'Occident
11 novembre 2009
Festa dei Popoli

La "Festa dei Popoli", svoltasi al Circolo Futurista dal 5 all'8
Novembre 2009, ha voluto sostenere le cause di quei popoli in lotta,
sempre troppo ignorati dallle istituzioni, mediante eventi artistici e
culturali. Tutto questo mentre la politica moderna, salvo rare
eccezioni, non può prendere posizione in favore di queste etnie, perchè
intrisa di quel servilismo verso i potenti che silenziosamente ne
vietano il supporto e operano l'ammutinamento mediatico. Quelle rare
eccezioni rispondono alla sigla dell'OSCE (Organizzazione Sicurezza e
la Cooperazione in Europa), nella persona dell'On. Riccardo Migliori,
il quale ne è Presidente per l'Italia, risultando sensibile alla causa
dei Karen e mettendo in rilievo la situazione a mezzo di interrogazioni
parlamentari. Sulla scia di questo, noi andremo avanti battendoci su
due campi. Il primo è quello di promuovere sempre nuove iniziative,
capillari e territoriali, mai banali. Il secondo è quello politico,
cercando tutti i referenti nel panorama politico sia italiano che
europeo (FAO, OSCE, Ministeri e Assessorati con incarichi esteri,
organizzazioni umanitarie), che possano ascoltare ragioni e
problematiche di queste popolazioni "senza voce" e attivarsi affinchè
le loro richieste di sostegno non rimangano mai più negli archivi.
La nostra Patria è laddove si combatte per la nostra Idea
Circolo Futurista



10 novembre 2009
L'axe du loup
Pendant huit mois, Sylvain Tesson a refait le long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale qu'effectuaient naguère les évadés du Goulag. Pour rendre hommage à ceux dont la soif de liberté a triomphé des obstacles les plus grands, seul, il a franchi les taïgas, la steppe mongole, le désert de Gobi, les Hauts Plateaux tibétains, la chaîne himalayenne, la forêt humide jusqu'à la montagne de Darjeeling. À pied, à cheval, en vélo, sur six mille kilomètres, il a connu ce qu'il a cherché de plein gré : le froid, la faim, la solitude extrême. La splendeur de la haute Asie l'a récompensé, comme les mots d'une très ancienne déportée heureuse de se confier à lui: " On a le droit de se souvenir. "

09 novembre 2009
Mystica !




19 septembre 2009
Nouvelles

:: La Conférence générale des 150 Etats membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique a formellement nommé l'ambassadeur japonais Yukiya Amano comme nouveau directeur général pour un mandat de quatre ans à compter du 1er décembre.
:: L'appel de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi contre sa condamnation à 18 mois d'assignation à résidence a été examiné vendredi par un tribunal de Rangoun.
:: Le programme spatial chinois a sélectionné 45 candidats pour devenir "taïkonautes" (astronautes), dont pour la première fois des femmes.
:: Le terroriste le plus recherché d'Asie du Sud-Est, le Malaisien Noordin Muhammed Top, a été tué au cours d'un raid dans le centre de l'Indonésie.
:: Singapour et la Norvège ont signé vendredi un protocole renouvelant leur accord visant à éviter la double taxation.
:: L'ancien secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Henry Kissinger, a exprimé jeudi ses félicitations à la République populaire de Chine pour son 60e anniversaire, le 1er octobre. Tête de mort !
:: Le parti démocrate fraîchement arrivé au pouvoir au Japon a promis de discuter avec Washington du redéploiement américain dans l'archipel. Un pas que l'allié stratégique de Tokyo n'est pas prêt à franchir.
:: Des producteurs de films pornographiques américains et japonais accusent la justice coréenne de ne pas agir malgré les plaintes face à la contrefaçon. (sic)
:: Dans un "acte de courage", une délégation de l'Union Européenne est allée au Tibet où, selon elle, maintien des traditions et développement économique vont de pair.
15 septembre 2009
Paul Pelliot

Paul Pelliot (28 mai 1878-26 octobre 1945), sinologue et tibétologue est un aventurier et linguiste français. Il fut l'élève de l'indianiste Sylvain Lévi et de sinologue Édouard Chavannes. Pensionnaire puis membre de l'École française d'Extrême-Orient, dont le siège était alors situé à Hanoï, il effectue pour le compte de cette institution plusieurs missions, notamment en Chine et en Asie centrale.
À 21 ans, il est envoyé à Pékin afin d'y récupérer des manuscrits. Il s'y trouve lors de la Révolte des Boxers, et il fait partie des Occidentaux assiégés dans la ville pendant les 55 jours de Pékin de l'été 1900. Il participe activement et héroïquement à la défense des Légations ce pour quoi il sera décoré de la Légion d'honneur.
La plus fameuse de ces missions est cependant celle de 1908 durant laquelle, parti de Paris en 1906 avec deux compagnons il gagne le Turkestan pour rejoindre Pékin en 1909. Durant son séjour au Turkestan près de Dunhuang, il acheta à l'abbé Wang une partie des manuscrits que celui-ci avait découverts dans les grottes de Mogao et n'avait pas vendus à l'orientaliste anglais Aurel Stein. Ses talents de linguiste (il parlait 13 langues) lui permirent de sélectionner les manuscrits les plus intéressants.
De retour en France fin 1909, il étudia ces précieux manuscrits religieux (bouddhistes) et profanes, rédigés en chinois, tibétain, sogdien et ouïgour. Marcelle Lalou a catalogué la totalité de la collection de vieux manuscrits tibétains de Dunhuang de Paul Pelliot à la Bibliothèque nationale de France où ils se trouvent aujourd'hui. Ceux-ci s'avérèrent d'une grande importance pour l'étude de l'Asie centrale de la période VIe au XIe siècle et la diffusion du bouddhisme vers la Chine par la route de la soie.
Il est professeur au Collège de France à partir de 1911. Les peintures murales qu'il avait également rapportées sont quant à elles conservées au Musée national des Arts asiatiques-Guimet. Ses travaux des années 1920-1930 font toujours autorité. Ces manuscrits sont en cours de numérisation dans le cadre du Projet international de Dunhuang.
- Un traité manichéen retrouvé en Chine (avec Édouard Chavannes, 1913)
- Les influences iraniennes en Asie centrale et en Extrême-Orient in Revue d'Histoire et de Littérature Religieuses (1912)
- Mo-ni et manichéens (1914)
- Le 'Cha-tcheou-tou-fou-t'ou-king' et la colonie sogdienne de la région du Lob Nor (1916)
- Le sûtra des causes et des effets du bien et du mal (avec Robert Gauthiot, 1920)
- Les Mongols et la Papauté in Revue de l'Orient chrétien (1922/23/24/31)
- Les traditions manichéennes au Foukien (1923)
- Neuf notes sur des questions d'Asie Centrale (1929)
11 septembre 2009
Saint Jean-Gabriel Perboyre

Les Saints du jour du jours sont Bx Charles Spinola, martyr du Japon (+ 1622) et St Jean-Gabriel Perboyre, martyr de Chine (+ 1840). Jean-Gabriel naquit le 6 janvier 1802 au hameau du Puech, dans le village de Montgesty près de Cahors, aîné de huit (six de ces enfants entreront en religion) enfants de Pierre Perboyre et Marie Rigal, agriculteurs. En 1817 son jeune frère, Louis rejoint Montauban afin de poursuivre ses études au collège dirigé par leur oncle Jacques, prêtre Lazariste. Jean-Gabriel accompagne son frère encore très jeune, pour quelques mois enfin le temps nécessaire pour qu'il s'habitue à sa nouvelle vie. Jean-Gabriel en profite pour parfaire ses études.
Très rapidement, Jean Gabriel montre de réelles aptitudes pour les études, et donne déjà des signes de vocation religieuse. Son oncle tente alors de persuader ses parents de lui permettre de poursuivre sa formation théologique plutôt que de reprendre la direction de l'exploitation agricole familiale. Jean-Gabriel écrira alors à son père qu'il « a compris que Dieu voulait qu'il soit prêtre ». Il termine ainsi ses études secondaires et entre chez les Lazaristes où son frère Louis se trouvait déjà. Il prononce ses vœux le 20 décembre 1820.
En 1823, alors qu'il n'était pas encore ordonné, il est nommé professeur à Montdidier près d'Amiens, créant des comités de classe pour aller visiter et aider les pauvres. C'est en 1826 qu'il est ordonné prêtre. Il est alors envoyé à Saint-Flour en tant que professeur de théologie. Sa réussite est telle que l'évêque le réclame comme directeur du séminaire. Il est d'abord nommé professeur au grand séminaire, puis en 1831 directeur du petit séminaire, le noviciat des Lazaristes à Paris.
Toutefois, et bien qu'avec une santé chancelante, il gardait toujours dans l'esprit le souhait de partir en Chine pour convertir les populations locales. Son frère Louis y était parti fin 1830. Mais il était mort au cours du voyage. Jean-Gabriel Perboyre avait d'autant plus envie d'y partir qu'il voulait achever l'œuvre commencée par son frère. Il dut alors lutter contre l'avis de ses supérieurs, et surtout celui des médecins qui ne l'encourageaient pas à entreprendre une aussi lointaine et dangereuse mission.
Jean-Gabriel et ses compagnons embarquent au Havre le 24 mars 1835 et arrivent cinq mois plus tard à Macao. L'adaptation est difficile. Il faut apprendre la langue et les coutumes locales, tout en s'habituant au climat. Ce n'est qu'après un long voyage difficile qu'il parvient sur son lieu de mission dans le HuNan (湖南). Il trouve là une population misérable, deux mille chrétiens environ vivant dans la plus extrême pauvreté. L'église n'est qu'une masure. Il se consacre à son travail apostolique, et malgré son dénuement, il s'efforce de soulager la misère de ses fidèles et d'agir concrètement dans le cadre de son œuvre missionnaire.
Toutefois, le 15 septembre 1839 un groupe armé se dirige vers la résidence des missionnaires, qui n'ont que le temps de s'enfuir. Le Père Perboyre se réfugie dans la forêt voisine, mais, trahi par un de ses catéchumènes, il est retrouvé, fait prisonnier et amené devant le mandarin. Il reste ainsi en captivité pendant presque un an. Malgré les longs interrogatoires et les diverses tortures, il reste inébranlable dans sa foi, redonnant courage à ses compagnons et impressionnant ses geôliers par sa sérénité et sa foi.
Il est condamné à mort le 15 juillet 1840 par le tribunal de la province de Hubei à Wuchang (quartier de la ville de Wuhan 武汉). Avant de mourir, il confie un message à un catéchiste venu le visiter, à l'attention des autres chrétiens de la mission : « Dis-leur de ne pas craindre cette persécution. Qu'ils aient confiance en Dieu. Moi je ne les reverrai plus, eux non plus ne me reverront pas, car certainement je serai condamné à mort. Mais suis heureux de mourir pour le Christ. ». Jean-Gabriel Perboyre est alors lié sur un gibet en forme de croix, et exécuté par strangulation le 11 septembre 1840.
Un des catéchistes ayant soudoyé les gardes, le corps du martyr a pu être inhumé en terre chrétienne à côté du bienheureux François-Régis Clet, martyrisé vingt ans auparavant. Plus tard, vingt ans après sa mort, sa dépouille est transférée à Paris, à la maison mère des Lazaristes à Paris. Les tombeaux de deux prêtres de la congrégation morts en martyr en Chine, saint Jean-Gabriel Perboyre et de saint François-Régis Clet se trouvent à la chapelle Saint-Vincent-de-Paul à Paris.
Évariste Huc, qui sera en 1846 le premier missionnaire à parvenir à Lhassa, célèbre sa première messe en Chine revêtu de la chasuble de Jean-Gabriel Perboyre, rapportée à Macao.
08 septembre 2009
António de Andrade

António de Andrade est né à Oleiros au Portugal en 1580. Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1596. Le 22 avril 1600, il fut nommé chef de la Mission aux Indes, mission comprenant avec 18 jésuites dont son frère Manuel Marques. En 1624, suivant des pèlerins se rendant au Tibet, les frères Andrade réussirent à y entrer, via la passe de Mana (5608m d'altitude) dans l'Himalaya, devenant les premiers occidentaux à s'y être rendu. Ils furent même reçus par un roi local. Son récit de voyage, O descobrimento do Tibet, parut à Lisbonne en 1626 et fut publié en français dès 1629 avec pour titre Histoire de ce qui s'est passé au royaume du Thibet. Il mourut empoisonné à Goa le 19 mars 1634 après avoir été nommé Supérieur des Indes.

































