O.N.G. - Extrême-orient(é)

Zentropasie

13 septembre 2013

Le marquis de Cologan

 Sans titre

Le ministre d'Espagne, le marquis de Cologan, dont la résidence se trouve un peu en arrière des lignes, après l'Hôtel de Pékin et la légation du Japon, aime venir en voisin bavarder avec les Franco-Autrichiens. Il les appelle "les Druides" parce qu'ils vivent au milieu des derniers arbres du parc, où la plupart des officiers, à l'imitation de Darcy, ont tendu des hamacs. "Voilà un vrai grand d'Espagne, affirme le Dr Matignon. Grand par la taille, grand par le sang et grand par le courage. Quel dommage qu'il n'y ait pas avec nous quelques marins de son pays. Ces hidalgos donneraient un peu de piment à la défense." Chez tous les combattants, on admire beaucoup le ministre d'Espagne. Ce vieux signeur est un brave homme et un homme brave. Depuis le début du siège, il donne l'exemple de frugalité, couchant dans un vestibule, se nourrissant de déchets - dans une argenterie superbe - cirant lui-même ses chaussures qui brillent comme des miroirs malgré l'incroyable poussière jaune qui colle à tout dans cette ville surchauffée. Et puis le marqui de Cologan est un musicien plein de fantaisie. Il a composé une Valse des Boxeurs, dédiée "à ses infortunés compagnons de siège". Tous promettent de lla danser le jour d'une libération qui leur apparaît de plus en plus prochaine.

Jean Mabire - L'été rouge de Pékin (Jeudi 19 juillet 1900)

Note en index : Cologan marquis de : Ministre d'Espagne, doyen du corps diplomatique. Animateur du "Clan du courage" (les diplomates qui refusent de négocier tant que les boxeurs et les troupes réguilières chinoises n'auront pas levé totalement le siège)

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