O.N.G. - Extrême-orient(é)

Zentropasie

07 novembre 2012

La dernière demeure du général Marcel Bigeard

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C’est donc à Fréjus, au Mémorial des Guerres en Indochine, que le Général Bigeard reposera. Une place d’honneur au milieu des 23 917 Français de toutes origines « morts pour la France » qui y ont été rapatriés en 1986 et 1987, et aux côtés des 34 000 noms gravés dans le marbre d’autres soldats sacrifiés pour la défense d’une Indochine libre.

Fréjus sera le mot de la fin, celui qui met un terme à la saga d’un des derniers militaires quelque peu condottieres nés du creuset de la Seconde Guerre mondiale et de l’Empire. Le temps viendra de nous souvenir de son aventure et de raconter ce mélange de gouaille, d’héroïsme, et aussi d’équivoques, qui le caractérisaient, mais le 20 novembre 2012 sera simplement un jour de deuil et de recueillement au cours duquel les fantômes de ses compagnons d’armes formeront une cohorte d’hommage autour des 23 000 hectares de cette crypte entourée d’un ossuaire et d’alvéoles composant un cercle de béton, symbole de vie, de mort, de rédemption. Reliques sacrées, lieu de témoignage et de souvenir, lieu d’émotion.

Mais ce sera un jour où il faudra aussi se souvenir que notre histoire contemporaine, boursouflée de doutes et de repentance, restera souillée par le comportement dégradant de l’Etat. Si la reconnaissance que nous devons au grand soldat n’était pas si pathétique, nous pourrions rire des convulsions de l’Etat, aussi ridicule sur ce sujet qu’il l’a été lors du transfert des rouilles du porte-avions Clemenceau. Comme s’il avait honte de l’un et de l’autre. Le souhait de Marcel Bigeard était de savoir ses cendres dispersées sur les terres du camp retranché de Dien Bien Phu. Les dirigeants du Viet-Nam capitalo-communiste n’ont pas cru devoir y répondre, alors que ce geste de réconciliation à l’égard d’un militaire qui a toujours respecté ses adversaires lorsqu’ils étaient loyaux, leur aurait fait honneur et aurait un peu rattrapé le comportement de leurs tortionnaires qui régnèrent sur leurs camps de « rééducation » et de mort dans la plus grande indifférence du monde.

Alors, les Invalides, oui, « Bruno » y aurait eu sa place. Mais c’était sans compter sur la fourberie et la bassesse de ceux qui ont envoyé l’armée dans des conflits dont ils savaient, eux les politiques, que leur issue serait incertaine. Pour se faire pardonner leur renoncement et leur lâcheté, ils sont venus au secours de la victoire de nos adversaires en se reniant jusqu’à en devenir complices, comme ils le feront plus tard pour l’Algérie. Et leurs héritiers seront là : Jean-Yves Le Driant, ministre de la Défense socialiste, ne pouvait qu’être sensible aux pétitions gauchistes et révisionnistes toujours prêtes à se mobiliser pour remuer le couteau dans les plaies de l’histoire de France. Baissant les bras devant le venin vindicatif de censeurs intellectualisés qui préféraient voir femmes en enfants innocents déchiquetés par le FLN plutôt qu’interrogatoires « musclés » de délinquants politiques. Bigeard serait coupable d’avoir couvert ce qui alors était considéré comme une œuvre de salubrité autorisée par les élus du peuple, et qui de toute façon n’avait aucune commune mesure avec le comportement raffiné de nos adversaires. A Evian, en capitulant devant les terroristes, en livrant Algériens, Arabes, Berbères, Touareg à l’organisation sectaire extérieure du FLN qui donnait les ordres, nous avons légitimé, avalisé le terrorisme comme ceux qui en avaient inventé le principe, et c’est le monde entier qui en est aujourd’hui victime. Les « intellectuels » ne voulaient pas de Bigeard aux Invalides ! A côté de Napoléon ? Surtout pas ! Car, comme chacun sait, l’Empereur était un pacifiste non violent…

Nous serons donc le 20 novembre 2012 à Fréjus, pour l’inauguration de la stèle qui honorera les cendres de ce général dont nous aurions pu faire un Maréchal de France, pour lui rendre hommage et marquer notre indifférence au ministre, plus à l’aise derrière les barricades en carton-pâte de Mai 68 à Rennes que dans la boue des champs de bataille, et qui restera un nain à côté de ce géant. Qu’il stagne dans l’ombre ! Les fantômes d’Indochine n’ont plus besoin de ce qui reste de l’Etat français ni de ses représentants de pacotille, « fantoches » comme on disait… une chape de plomb est tombée sur l’Indochine, en attendant que sa jeunesse se réveille de son cauchemar. Ce sera encore long, mais le peuple vietnamien retrouvera un jour son âme et bien des signes peuvent nous laisser penser que c’est déjà commencé… comme un clin d’œil à Bruno.

Bernard Chupin

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