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O.N.G. - Extrême-orient(é)
20 septembre 2012

Brouillamini à Bali : Examen de la valeur des premiers bruits sur les attentats de 2002

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Un tour d’horizon des premières nouvelles qui ont porté sur le déroulement des attentats de Jalan Legian, Kuta Beach, sur l’île de Bali, le 12 octobre 2002 à 23h05, révèle de profondes divergences entre elles. L’incompatibilité des différents récits ainsi que le recul historique nous amènent à considérer de manière dubitative de nombreux « faits » qui furent rapportés. Leur origine et leur véracité semblant improbable, il doit être loisible de les considérer comme des bruits, voire, pour les plus répandus, comme des rumeurs. Mieux, les preuves d’incertitudes, de peccadilles, de paranoïa, de parjures, de présomptions et de palinodies abondent qui montrent que face à un événement particulièrement tragique comme celui-ci, la vérité chemine sur un terreau humain peu solide et même particulièrement marécageux et miné. Nous nous intéresserons aux différentes versions ou revendications qu’ont catalysées ces événements dévastateurs et à leur signification sociologique (fonds de croyances, situation géographique et sociale du locuteur, intérêts personnels et politiques en jeu). Nous tenterons d’éclaircir les origines ou le contexte de leur lancement, les moteurs et les courroies de transmission qui les ont propulsées, les facteurs et les forces qui leur ont fait prendre telle ou telle direction, et les conditions de leur propagation plus ou moins rapide et de leur amplification plus Au terme de cette étude, nous ne construirons pas forcément une version définitive et authentifiée de ce qui a pu se passer. Non seulement parce que la chose n’est pas aisée, et que les méthodes explorées, à la fois inductives et déductives, ne permettent pas forcément d’arriver concrètement à une commune conclusion, comme l’avait remarqué sur ce sujet l’enquêteur et analyste politique Hermawan Sulistyo à l’approche « souvent sophistiquée », mais aussi parce que des regards portés sur l’histoire de l’Indonésie montrent bien que les violences terroristes – qui ont d’ailleurs déjà visé une boîte de nuit en 1976 à Medan, entraînant l’arrestation du groupe Timzar Zubil –, peuvent à la fois être attribuées à de réelles luttes armées hostiles aux influences étrangères (finance chinoise) ou revendiquant clairement la volonté d’instaurer un futur État islamique indonésien ou régional séparé, et être assimilées à des manoeuvres politiques entourées de mystères et d’ambiguïtés, destinées par exemple à frapper les communistes ou à isoler l’opposition radicale islamique – voir les précédents de l’armée secrète dirigée par les frères Kartosuwirjo, de Tanjung Priok, du Talangsari, du Komando Jihad, et des incendies anti-chinois de 1998 dans le quartier de Glodok vraisemblablement menés par des milices avec l’accord indifférent de la police et de l’armée. Néanmoins, nous espérons apporter quelques jalons, car, comme l’a écrit Gabriel Rabhi sur rue89.com le 5 février 2009, « il est impératif d’étudier avec la plus grande impartialité tous les attentats qui influent lourdement le déroulement de l’histoire d’une région, d’un pays ou du monde. Mais étudier des attentats ne signifie pas écouter les versions officielles ou les possibles revendications, il s’agit surtout d’expliquer la version officielle et les revendications en décortiquant les preuves, les événements en eux-mêmes, le contexte politique, médiatique, les réactions des responsables politiques et les conflits d’intérêt »

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