02 juillet 2012
Lévi-Strauss, les Aïno et le Japon

(...) Quatre ans plus tard, il distingue dans son Exposition analytique d’une classification naturelle de toutes les connaissances humaines, deux sciences humaines d’observation : l’ethnologie et l’anthropologie.Cet héritage va prospérer dans deux directions. D’une part, en 1859, avec la fondation de la Société d’ethnographie de Paris par Léon de Rosny, ancien élève de l’Ecole des langues orientales, spécialiste de japonais, passionné par l’Amérique précolombienne, et dont l’étude des Moeurs des Aïno (1857) des îles Yéso et Kouriles avait été remarquée ; et d’autre part, avec la création universitaire de l’Ecole française de sociologie sous la houlette d’Emile Durkheim (1858-1917), professeur à la Sorbonne et créateur de la revue l’Année sociologique (1899). C’est l’un de ses élèves, et neveu, Marcel Mauss (1872-1950), qui crée l’Institut d’ethnologie de l’université de Paris en 1927. (...) Il montre, au fil de très nombreux ouvrages, combien les mythes livrent des représentations variées de l’existence et de la présence des hommes à leur monde, riches d’expériences et de valeurs très dissemblables, constituant un ensemble patrimonial incomparable. Dans deux grandes conférences prononcées à l’Unesco, Race et histoire (1952) et Race et culture (1971), il plaide à nouveau pour le respect des différences, tout en sachant qu’il parle dans le vide. Que reste-t-il de l’oeuvre de Lévi- Strauss, qui constituerait un apport indispensable à ses successeurs ? Elle a suscité une immense admiration, autant chez ses disciples français que brésiliens ou japonais. A Tokyo, son traducteur et ami Junzo Kawada a rendu hommage à la « stimulation apportée à l’école nippone ». (...)



























