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28 mars 2012

La révolte (catholique) de Shimabara

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Au cours de la période l'ère d'Edo, de nombreux missionnaires jésuites s'étaient implantés dans la région de Kyushu au Japon. Deux seigneurs locaux, Arima Harunobuet Konishi Yukinaga, se convertirent même au christianisme. Le 27 janvier 1614, le shogunat Tokugawa édicta un décret donnant ordre aux missionnaires de partir. S'en suivirent de violentes persécutions envers les chrétiens de cette région, sans compter que de nouveaux impôts étaient venus les frapper. Cependant, dès les environs de 1636, des famines semblent apparaître dans les régions pauvres du Japon.

Une des conséquences de ces brutalités a été la rébellion de Shimabara, de décembre 1637 à avril 1638. Le poids des taxes réclamées par les daimyos de Shimabara et Amakusa semble avoir joué un rôle important dans l'insurrection de la péninsule de Shimabara, dont la population est en majorité chrétienne. Cette émeute paysanne fut la plus violente de celles que connut le régime des Tokugawa. Elle fut aussi la dernière manifestation des fidèles des Toyotomi : certains d'entre eux encadrèrent les révoltés. Enfin, elle fut considérée comme une rébellion des chrétiens, du fait que beaucoup des paysans qui s'armèrent étaient catholiques.

Après la défaite d'un premier corps expéditionnaire, les insurgés s'emparent d'Arima puis du château de Shimabara, dominant la falaise. Là s'entassent vingt mille hommes et presque autant de femmes et d'enfants. Les rebelles choisirent pour chef Amakusa Shirō (1621-1638) dont le père samouraï fut exécuté après sa défaite à la bataille de Sekigahara en 1600. Sa jeunesse et les raisons qui le portèrent à la tête de la rébellion furent tressées de légendes et demeurent encore assez obscure.

Ce sont 37 000 personnes qui se réunissent dans la forteresse désaffectée de Hara. Une armée de trente mille hommes, venue de Kyûshû, commence le blocus afin d'affamer le château. La pénurie de munitions et la raréfaction des vivres ne semblèrent pas troubler le moral des assiégés qui envoyaient desyahumi (messages attachés à des flèches) aux troupes du bakufuindiquant leur volonté de pratiquer leur culte librement. Les insurgés parviennent à repousser l'offensive menée par l'envoyé du shogunat, Itakura Shigemasa (1588-1638), le 3 février et une seconde, le 14 février, qui se termina en désastre et couta la vie de plusieurs milliers de soldats ainsi qu'à leur chef. Après l'échec de Shigemasa Itakura, on donna le commandement àMatsudaira Nobutsuna des armées assiégeant le château de Hara, qui essaya vainement de trouver des solutions de compromis avecAmasuka Shirō. Elles furent systématiquement repoussées.

Mais les insurgés seront finalement massacrés pendant trois jours à partir du le 12 avril 1638 suite à l'assaut final. Le massacre des survivants est général : on compte 13000 cadavres qui furent exterminés et décapités. La têted'Amakusa Shinrō, décapité pendant la bataille par Jinno Sazaemon du clan Hosokawa, fut envoyée à Edo, et le château fut rasé. Une polémique, en outre, oppose les religieux catholiques au monde protestant car le chef de la factorerie hollandaise, Koeckebacker, aurait aidé les troupes des Tokugawa en tirant au canon sur la forteresse depuis son bateau.

De toute façon, l'Église japonaise est désormais décapitée : en 1638, cinq religieux jésuites et franciscains restent cachés au Japon : ils sont arrêtés et torturés à Yedo l'année suivante. La fermeture du pays est pratiquement intégrale entre 1639 et 1854. Le pays est fermé aux étrangers, sauf aux Chinois et aux Hollandais, qui ont la permission de rallier une partie du port de Nagasaki, Dejima (Deshima). Les bateaux japonais doivent être munis d'une autorisation spéciale pour aller en Chine, aux îles Ryukyu, en Corée ou dans le Sud-Est asiatique.

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