O.N.G. - Extrême-orient(é)

Zentropasie

11 juin 2009

Li Ma-Hong et l'empreinte nestorienne

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Li Ma-hong (env. 650 - env. 730), érudit chinois originaire de Jiangnan, issu d’une famille de fonctionnaires préposée aux transactions du thé.

On lui attribue la traduction de nombre de textes chrétiens mais également, des commentaires bouddhiques du sanscrit vers le chinois. Il était membre de la « Bibliothèque des rectifications et des embellissements » du Palais impérial, haut lieu de pensée et d'échange théologiques.

Une seule œuvre de composition lui est attribuée. Bien que l'original ait été perdu, son « Traité des Semences et des Étoiles » est connu grâce à la copie et à la traduction, malheureusement partielle, qu'en fit Melchior Nuñez. Ce dernier, arrivé en Chine en 1555 possédait une connaissance raffinée du chinois. Il transmit à Matteo Ricci le précieux ouvrage qui comprenait, en outre, une demi-douzaine de paysages de la période « vert et bleu » - dont des compositions en « trois montagnes » - très en vogue sous la dynastie Tang.

Nuñez le décrit comme un moine nestorien mais il est probable que le jésuite ait usé de cet artifice pour donner à sa traduction une empreinte nestorienne en toute impunité.

Les premiers chrétiens qui arrivent en Chine en 635 (sous la dynastie Tang 618-907), sont effectivement des nestoriens d'origine iranienne. Ils se mettent directement à l'étude du chinois pour pouvoir expliquer les notions propres à la foi chrétienne, mais leur plus gros problème est de trouver un vocabulaire idoine, ce qui entraîne immanquablement des relectures et des corrections. Parmi les 70 000 rouleaux découverts en 1909 dans la grotte des Mille Bouddhas, murée au Xe siècle, se trouvent des textes nestoriens, quelques uns en sogdien.

Très rapidement coupés de leurs racines, ces nestoriens se voient souvent obligés de prendre des décisions théologiques sans pouvoir se référer à une quelconque autorité. Au fil du temps, ils se fondent de plus en plus dans la culture chinoise et s'attirent la sympathie de quelques lettrés chinois, dont certains se convertissent. Malgré cela, ils restent très peu connus car ils n'intéressent pas les Chinois tout orientés vers le taoïsme. Le peu que l'on sache de leurs petites communautés est cependant extrêmement précis et détaillé, grâce aux informations consignées soigneusement et avec minutie, comme on sait si bien le faire en Chine.

Vers le milieu du IXe siècle, cependant, sous le règne de Tang Wu Zong, toutes les religions « barbares » (c'est-à-dire étrangères) sont interdites en Chine. On ne retrouve la trace des nestoriens que vers 1260, à la Cour de Kubilai Khan dont la mère était nestorienne et où ils sont proches du pouvoir. Au XVIIe siècle, les nestoriens ont tout à fait disparu de Chine.

Posté par ONG Webmastre à 17:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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