17 mai 2008
Le XXe siècle sera-t-il le siècle de l'Asie ?

Pour l'heure, les Occidentaux sont aveuglés par leur ethnocentrisme, qui a dominé pendant des siècles leur mode de pensée et leur a donné des préjugés contre les cultures de l'Asie. Mais un changement fondamental se produira vers le milieu du siècle prochain [...] Avec l'amélioration de leur niveau de vie, les habitants de l'Asie orientale ont déjà gagné de l'assurance. Ils sont fatigués de se faire harceler par les Occidentaux, qui leur demandent de changer les valeurs fondamentales dans lesquelles ils croient, qui ont plusieurs milliers d'années de plus que les leurs et qui sont partagées par des millions de personnes de plus sur la Terre. Ces valeurs, que les pays d'Asie orientale ont en commun, sont le communautarisme, la loyauté familiale et la frugalité.
Guan Shijie (expert en relations internationales chinois) dans le China Daily (octobre 1996)
Notre premier devoir est de venger notre seigneur

À la lumière rosie de l'aurore, les figures énergiques de deux cents guerriers apparurent, attentives, tournées vers nous. Dans le silence palpita le froissement doux de la lttre du Prince qu'Ōishi tirait de sa manche. Il parla enfin, racontant en termes sobres la querelle de notre Seigneur, sa fureur, son premier ordre de préparer une expédition. Un murmure de satisfaction interrompit un moment l'orateur. Il reprit, annonçant la décision du shōgun, la condamnation et la mort de notre daimyō, la saisie ordonnée de tous ses biens et la dispersion du clan. Un gémissement unanime de douleur et de désespoir furieux ébranla les murailles. Le soleil levant fit étinceler les yeux chargés d'éclairs et les dents grinçantes. Ōishi poursuivit :
« La loi veut que, notre clan étant aboli, nous soyons maintenant des rōnins, des "hommes sur les vagues", dégagés de tous nos serments envers la famille d'Enya. Nous voici donc libres de vivre comme il nous plaira, et même de nous choisir un autre seigneur. »
Il fut interrompu par de grands cris :
« Un samouraï ne sert qu'un seul maitre ! ... Nous avons juré de suivre notre Seigneur dans la vie et dans la mort. Notre devoir est de mourir avec lui. »
Ōishi leva la main ; le tumulte s'apaisa. Il dit :
« Notre premier devoir est de venger notre seigneur et d'exterminer Kira et toute sa famille. »
Les 47 rōnins - George Soulié de Morant
Aux Philippines comme partout

Le peuple karen, entre survie et guérilla
Photos par Manon Ott & Grégory Cohen
Les rebelles karens se battent depuis plus de 50 ans dans l’espoir de libérer leur peuple du joug de l’armée birmane. Les karens, qui représentent l’un des principaux groupes ethniques du pays, continuent de s’accrocher au rêve de construire un Etat indépendant, Kaw Thoo Lei. L’Etat karen se situe à l’est de la Birmanie près de la frontière thaïlandaise. Cependant le territoire contrôlé par la guérilla karen n’a cessé de se réduire au fil des années. Ne disposant pas suffisamment de ressources militaires, les rebelles ont peu à peu été contraints d’utiliser des champs de mines pour protéger le peu de territoire qu’ils contrôlaient encore. En 1995, les troupes birmanes ont fait chuter Manerplaw, le quartier général de la KNU (aile politique du mouvement karen). Depuis cette date les leaders karens se sont retrouvés dans l’obligation de multiplier les liens diplomatiques avec Rangoon. Cela s’est conclu par un « gentleman agreement » avec l’ex-Premier Ministre birman le Général Khin Nyunt, en janvier 2004. Mais les pourparlers engagés, en vue d’un cessez-le-feu entre la KNU et le gouvernement birman, n’ont pas été respectés. Après une période de cessation des combats pendant 3 mois, la junte birmane a augmenté la présence militaire dans l’Etat Karen. Très vite, la relance des combats prit le dessus sur le « gentleman agreement ». Depuis novembre 2005, l’offensive des troupes birmanes a même atteint une ampleur inégalée depuis 1997. Les civils sont les premiers touchés par ce conflit. Les soldats de l’armée birmane n’hésitent pas à faire des incursions dans les villages pour piller les récoltes des paysans, confisquer leurs terres ou les contraindre au travail forcé. Les civils karen sont ainsi punis pour le soutien qu’ils auraient pu apporter aux rebelles.
Cherchant à s’extirper de cette situation, les villageois karens n’ont souvent d’autres choix que de se cacher dans la jungle. Parfois ce sont les soldats birmans qui les y obligent en brûlant leurs villages. Hla Henry du Comité de soutien aux karens déplacés de l’intérieur estime à plus de 540 000, depuis le début des combats, le nombre de personnes ayant du vivre ou vivant encore cachées dans la jungle en se déplaçant chaque jour pour ne pas être rattrapées par l’armée birmane. Certains vivent dans ses conditions et sans toit pendant des années.
Ceux qui arrivent à rejoindre les camps contrôlés par l’armée karen, vivent dans de meilleures conditions, mais ne sont pas non plus à l’abri du danger. Tous les jours plusieurs centaines de patients affèrent dans les cliniques aménagées dans les camps. La plupart des malades sont atteints de la malaria, de pneumonies ou de diarrhées aiguës que les infirmières ont du mal à traiter faute de médicaments.
Le chemin parcouru par ces personnes ayant dû abandonner leur village pour rejoindre les camps de la KNLA, est parsemé d’embûches. Elles doivent non seulement traverser des champs de mines mais prennent aussi le risque de rencontrer les troupes de l’armée birmane à tout moment.
Cependant, même si ce chemin a été long et pénible, tous gardent l’espoir de revenir chez eux, un jour, pour construire une nouvelle maison et vivre dans un pays libre et paisible.
(Pensez à soutenir même modestement la peuple karen via cette organisation : Comunita Popoli)



























