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28 mars 2008

Robotisation plutôt qu’immigration

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Il y a, aujourd’hui, 127 millions d’habitants au Japon. Il n’y en aura plus que 42 millions dans un siècle si la tendance ne s’infléchit pas et s’il n’y a pas d’immigration. Or, la venue massive d’immigrés ne semble pas du tout être option envisageable au Japon. Confronté à la réduction de la population et à son vieillissement, le seul choix viable considéré par les Japonais est celui de la robotisation de la société. Déjà, aujourd’hui, il n’y a que 13 % de la population en dessous de 15 ans. Il n’y en aura plus que 10 dans 20 ans. Cela pose des problèmes, bien sûr, mais cela a aussi des résultats positifs sur la qualité de vie et le confort de la population. La plupart des problèmes provoqués par une telle situation trouveront une solution à plus ou moins court terme avec la robotisation.

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Il avait trouvé la Voie

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Nicholas Kao Se Tseien, 高師謙/高师谦 (15 janvier 1897 – 11 décembre, 2007) était un prêtre catholique vivant à Hong Kong et qui cumulait deux records, celui du prêtre catholique le plus âgé et celui d'avoir été la personne la plus âgée opérée de la cataracte. Il fut du 13 octobre 2007 à sa mort le deuxième plus vieil asiatique et le septième plus vieil homme sur terre.

Né à Fuzhou dans la province de Fujian, Kao, d'une famille de quatre enfants, se convertit au Catholicisme à l'âge de 18 ans alors qu'il était scolarisé dans une église de frères dominicains. Suivant des cours pour devenir professeur et apprenant la nuit le droit, il décida néanmoins très rapidement de devenir prêtre.

Sa vie cléricale le mena de Chine à Taiwan, puis en Malaisie et enfin à  Hong Kong. Il y fut prêtre pendant plus de 30 ans dans l'abbaye trappiste Notre Dame de la Joie sur l'ile de Lantau.

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A Shanghai comme partout

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ONGiste

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Né le 10 janvier 1910 à Charleville d'une mère ardennaise et d'un père normand, Marc Leguay est séparé de ses parents pendant la Première Guerre mondiale et est recueilli par sa grand-mère maternelle en Normandie. Il obtient son baccalauréat en 1927 puis part, avec son matériel de peintre, sur les routes de France, d'Europe du Sud et d'Afrique du Nord. Il expose notamment à Perpignan où il se fixe en 1931 et en Espagne, où il rencontre Salvador Dalí et Esteban Vicente. Au cours d'une de ces expositions, il est remarqué par Pages, alors gouverneur de la Cochinchine.

Trop jeune pour recevoir un prix, il se voit confier une « mission gratuite » de trois mois en Indochine en décembre 1935. Il vit au Palais du Gouvernement et découvre une vie dorée à laquelle il n'est pas habitué. Avec une vieille voiture qu'il s'est fait prêter, il parcourt les pistes, depuis Khong, au Sud-Laos, jusqu'à Hanoï, au Tonkin. Il a également la chance de faire la connaissance d'un riche Chinois qui met à sa disposition une jonque avec laquelle il sillonne les canaux et les rivières de Cochinchine. En mars 1936, la mission prend fin et Leguay doit rentrer en France à regret. Avant le départ le navire, il disparaît. Les autorités françaises retrouvent sa trace en 1937 dans l'île de Khong, au Bas-Laos. Il a continué à peindre des paysages locaux, notamment « le Flamboyant », son arbre préféré qui finit sur un timbre de poste aérienne en 1970. Pas de personnages, sauf quelques silhouettes lointaines. Le gouverneur Pages vient le chercher en personne et finit néanmoins par autoriser le peintre à rester..

Au cours des dix ans passés à Khong, Leguay crée l'École d'arts lao et fait la connaissance de Kou Abhay, issu d'une grande famille noble laotienne, père du général en chef des Forces armées royales, Kouprasith Abhay. Ce dernier possédait en 1974 le tableau Jeune femme se parant. En 1946, à Khong, il se marie en secondes noces avec Nang Seng Deuane, qui devient sa muse : sur ses tableaux, vont dominer désormais l'harmonie et la quiétude, apparaître l'âme du Laos et de ses habitants. Après son mariage, les personnages apparaissent sur les tableaux de Leguay. Souvent ce sont des proches de l'artiste : le Joueur de so (sorte de violon), le Joueur du khene (instrument à vent) et le Joueur de rang nat sont respectivement ses fils Henri, Daniel et Phoun Savath. Ses épouses lui servent également de modèles.

Le 9 mars 1945, Marc Leguay est prisonnier de l'armée japonaise lorsque celle-ci s'empare de l'Indochine française. De retour à Khong, son atelier a été pillé. Désargenté, il décide en 1947 à s'installer à Vientiane, la capitale du Laos. Il y est professeur de dessin au lycée jusqu'en 1975. Après-guerre, en 1945, il dessine un billet de cent piastres pour l'Institut d'émission des États du Cambodge, du Laos et du Viêt-Nam.

Leguay entame une carrière philatélique à partir de 1951 lorsque le Laos obtient l'autonomie postale de la France. Le ministre des Postes lao, le prince Souvanna Phouma demande à Leguay de réaliser des maquettes de timbres-poste. La première série laotienne de douze timbres, émise le 13 novembre 1951, n'est pas signée et Leguay a réfuté en être l'auteur. La première série qu'il signe est émise le 13 avril 1952 et est illustrée de la Femme lao, d'après un portrait de sa deuxième épouse Nang Seng Deuane.

Bien qu'ils ne soient jamais rencontrés, le peintre a souvent travaillé avec le graveur Jean Pheulpin. Leguay a affirmé que « Pheulpin aimait beaucoup travailler avec moi car mes maquettes étaient prêtes pour la gravure elles ne nécessitaient aucune retouche ». En tout, cinquante-cinq timbres sont illustrés par les œuvres de Marc Leguay. En mai 1975, la monarchie s'effondre sous les coups du mouvement communiste Pathet Lao. Marc Leguay se retire avec sa compagne dans le village natal de celle-ci, en Thaïlande. Vers cette époque, il change de style et commence à peindre des nus.

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De la défense ou de l'attaque

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Anciennement ceux qui étaient expérimentés dans l'art des combats se rendaient invincibles, attendaient que l'ennemi soit vulnérable et ne s'engageaient jamais dans des guerres qu'ils prévoyaient ne devoir pas finir avec avantage. Avant que de les entreprendre, ils étaient comme sûrs du succès. Si l'occasion d'aller contre l'ennemi n'était pas favorable, ils attendaient des temps plus heureux. Ils avaient pour principe que l'on ne pouvait être vaincu que par sa propre faute, et qu'on n'était jamais victorieux que par la faute des ennemis. Se rendre invincible dépend de soi, rendre à coup sûr l'ennemi vulnérable dépend de lui-même. Être instruit des moyens qui assurent la victoire n'est pas encore la remporter. Ainsi, les habiles généraux savaient d'abord ce qu'ils devaient craindre ou ce qu'ils avaient à espérer, et ils avançaient ou reculaient la campagne, ils donnaient bataille ou ils se retranchaient, suivant les lumières qu'ils avaient, tant sur l'état de leurs propres troupes que sur celui des troupes de l'ennemi. S'ils se croyaient plus forts, ils ne craignaient pas d'aller au combat et d'attaquer les premiers. S'ils voyaient au contraire qu'ils fussent plus faibles, ils se retranchaient et se tenaient sur la défensive. L'invincibilité se trouve dans la défense, la possibilité de victoire dans l'attaque. Celui qui se défend montre que sa force est inadéquate, celui qui attaque qu'elle est abondante.

L'art de la guerre de SunZi

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Le plus vieux manga (encore disponible)

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Deux antiquités de l'animation japonaise, un conte populaire et une comédie sur un samouraï, ont été retrouvées plus de 90 ans après leur réalisation, a annoncé un musée de Tokyo. Ces dessins animés de deux minutes chacun peuvent être considérés comme les ancêtres de la "Jap'anime", l'industrie de l'animation japonaise contemporaine qui connaît un fort engouement à l'étranger. L'existence de ces deux petits films était attestée par des documents historiques évoquant leur projection en 1917 et 1918. Perdues depuis longtemps, les bandes ont été retrouvées l'an passé chez un antiquaire d'Osaka (ouest), a précisé jeudi le Musée national d'art moderne.

"Namakura-gatana" ("Un sabre émoussé"), est considéré comme le plus vieux dessin animé japonais encore disponible. Il a été projeté pour la première fois en 1917, quelque mois seulement après la sortie du tout premier dessin animé produit dans l'archipel. Namakura-gatana, de Junichi Konai, narre de façon ironique la mésaventure d'un samouraï qui achète un sabre non tranchant. Il attaque des passants pour tester sa nouvelle arme, mais les gens du peuple le repoussent et le font choir. A l'époque, un narrateur posté dans la salle de projection déclamait le texte des films muets aux spectateurs.

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Turismo sessuale - Turismo di maiale

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De la poudre aux yeux

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Les chefs de la junte militaire Birmane, Maung Aye et Than Shwe, ont annoncé mardi que des civils seront à la tête du gouvernement après les élections de 2010, une fois que la constitution donnant tous les pouvoirs aux militaires sera abolie. Comme en 1948, en 1972 et en 1988...

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La structure engloutie de Yonaguni

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« Une structure, qui apparaît comme étant la plus vieille construction d'envergure du monde (deux fois l'âge des pyramides d'Égypte), vient d'être découverte. Cette ziggourat rectangulaire en pierre, retrouvée au fond de la mer du Japon, près des côtes nippones, pourrait être le premier témoignage d'une civilisation encore inconnue de l'âge de pierre, de l'avis même des archéologues. »

Le monument fait environ 183 mètres de large, et 27 mètres de haut. Sa datation a révélé qu'il remontait à au moins 8000 ans avant JC. La plus vieille pyramide d'Égypte, à Saqqara , a été construite plus de 5000 ans après.

La structure de Yonaguni, une petite île au sud-ouest d'Okinawa, fut tout d'abord découverte, par 22 mètres de fond, par des plongeurs il y a 10 ans. Les populations de la zone pensaient que c'était une construction naturelle.

Le professeur Masaki Kimura, un géologue de l'université Ryukyu à Okinawa, qui fut le premier scientifique à étudier le site, a conclu que la mystérieuse structure de 5 étages avait été bâtie de la main de l'homme.

« Cet objet n'a pas été façonné par la nature. Si cela avait été le cas, on pourrait s'attendre à trouver des débris dus à l'érosion autour du site, mais il n'y a pas de fragments de roche ici » a-t-il indiqué. «La découverte de ce qui apparaît être une route entourant la construction est une autre preuve de la nature artificielle du bâtiment » a ajouté le professeur Kimura.

« Elles pourraient précéder les pyramides d'Égypte de près de 5000 ans. Jusqu'à récemment, les chercheurs les plus en pointe pour ce qui est des grands bâtiments antiques dans le monde étaient généralement d'accord sur le fait que les édifices les plus anciens ayant une taille et une complexité architecturale importantes, c'est à dire les pyramides d'Égypte, n'avaient pas plus de 5000 ans. »

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Pierre Schoendoerffer raconte Dien Bien Phu

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Le 8 mai 1954, à Genève, au moment où s'ouvrait la conférence internationale qui devait mettre un terme à 7 ans de guerre d'Indochine, on apprenait que la veille, à 13.000 km. de là, l'armée Vietminh du général Giap s'était emparée du camp retranché de Dien Bien Phu. C'était la fin d'une bataille qui depuis 56 jours faisait la une des journaux. Jamais pourtant jusque là, les Français ne s'étaient intéressés à cette guerre dans laquelle n'étaient engagés que des soldats de métier. L'Indochine, c'était si loin ! Et l'armée française était si sûre d'elle que personne ne pouvait imaginer le désastre qui l'attendait, lorsque six mois plus tôt, le 20 novembre 1953, soixante avions Dakota larguaient 2 bataillons de parachutistes sur un village perdu du Vietnam dont personne jusque là n'avait encore entendu parler. 

Patrice Gelinet : Pierre Schoendoerffer bonjour ! Il y a 50 ans vous étiez parachutés à Dien Bien Phu avec une caméra des services cinématographiques des armées et pendant plus de 50 jours vous avez été le témoin de cette bataille. Vous aviez 26 ans. Quelle place dans votre vie et vos souvenirs occupent ses 51 jours passés à Dien Bien Phu ?

Pierre Schoendoerffer : Ca occupe une place capitale. Ca a été quelque chose d'exceptionnel et ce qui me reste c'est le mystère de cette capacité à résister, à contre-attaquer, à tenir une terre qui n'était plus la notre alors que nous savions que ce n'était pas quelque chose que nous allions garder. Non, nous étions partie prenante dans une guerre civile et il y a eu un flot d'héroïsme incroyable. Je pense que dans le subconscient de ces gens qui se sont sacrifiés il y avait l'idée que c'était un adieu, un adieu définitif et qu'il fallait payer le prix. Et le prix pour un soldat ce sont ses larmes, sa sueur et son sang. 

PG : En novembre 1953 commence l'opération Castor.

PS : Moi je n'y ai pas participé. Il y avait deux bataillons : le 6eme de Bigeard et le 2/1 RCP de Bréchigniac. C'était les bataillons les plus renommés d'Indochine. 

PG : Ils sont parachutés dans les positions du Vietminh, l'armée populaire du général Giap. C'est très loin de Hanoï, à 400kms environ et tout prêt de la frontière du Laos. Pourquoi l'armée française s'est-elle installée à Dien Bien Phu ?

PS : Il y a eu une réponse donnée par le général Navarre : les viets ne voulaient pas attaquer "le delta" (la région de Hanoï) car nos moyens concentrés leurs auraient coûté des pertes énormes et sans certitude de gagner, alors leur idée était de faire un énorme mouvement d'encerclement qui passait par le Laos et quasiment le Cambodge pour reconquérir toute l'Indochine. Ils considéraient que le Mékong était l'axe stratégique principal. Et la porte du Laos pour aller au Tonkin c'était Dien Bien Phu. 

PG : Les informations françaises semblaient très sures d'elles et de l'avenir de Dien Bien Phu.

PS : Ca c'est de la propagande. Les aviateurs savaient très bien que le terrain d'avation dont elles disaient que c'était "un des meilleurs d'Indochine" c'est une farce. Les aviateurs savaient très bien qu'avec le temps de mousson, quand il faisait beau à Hanoï et que les avions pouvaient partir, il y avait une couche de brouillard sur "la cuvette"(de Dien Bien Phu). Donc c'était un terrain d'aviation très aléatoire. 

PG : Et entouré par des positions qui portaient toutes des noms de femmes. Il faut rappeler que Dien Bien Phu était commandé par un colonel, qui passera général durant la bataille, le colonel De Castries et le colonel Pirotte qui commandait l'artillerie et qui affirmait qu'il n'y aurait pas de problème. On avait vraiment confiance en soi.

PS : oui je pense que l'Etat-Major avait confiance en lui, mais déjà au moment ou De Castries prend le commandement, l'étau se resserrait. Nos sorties ne pouvaient pas aller très profondément sans tomber sur une escarmouche. Au début de la bataille, Dien Bien Phu était plutôt un décor de théâtre qu'un camp retranché et solidement retranché. 

PG : Giap décide, du fait qu'il n'ait pas toutes ses forces, de ne pas lancer une offensive tout de suite du fait que l'armée française y avait 12000 hommes. Mais la conférence de Genève était pour le mois de Mai.

PS : Il fallait qu'il marque un but sévère contre la France pour que sa position à la conférence de paix de Genève soit renforcée. Les armes obéissent à la politique.

PG : C'est la raison pour laquelle Giap mobilise toutes ses forces, 4 divisions d'infanterie et 1 division lourde, et des "coulies".

PS : Il y a eu "250 000 coulis" (bicyclettes vietnamiennes) qui transportaient par piste et par routes difficilement praticables et que nous bombardions avec notre modeste aviation, du fait que leur ligne de communication était étendue sur 600 kilomètres, tout le matériel. Ils ont fait un effort inimaginable. 

PG : Oui c'était inattendu car ils ont transporté avec ces bicyclettes des canons qu'ils ont hissés et enterrés dans le cimes des montagnes entourant la position française.

PS : C'était un travail inimaginable. Une mobilisation de la population dans les zones qui leur étaient acquises incroyable. Et avec un esprit de sacrifice comme ces vietnamiens sont capables d'en avoir quand ils ont foi dans ce qu'ils doivent faire. 

PG : le 13 mars 1954 ils reçoivent l'ordre d'attaquer. Vous êtes parachuté le 18 sur Dien Bien Phu. Dans quelle atmosphère étiez-vous ?


PS : J'avais passé 3 jours à Hanoï en embarquant dans les avions le matin pour être parachuté, mais les avions n'arrivaient pas à partir à cause de la mousson. C'est seulement le me jour que j'ai pu sauter avec des renforts du 3eme bataillon de parachutistes vietnamiens, un excellent bataillon. A Hanoï les gens pensaient qu'en 3 ou 4 jours Dien Bien Phu allait tomber, il y avait un pessimisme qui tranchait avec la métropole. On avait perdu un bataillon de la 13e DB à Béatrice, le lendemain un gros bataillon du 5/7RTA à Gabrielle, Anne-Marie tombe. En 3 jours les positions les plus éloignées de Dien Bien Phu tombaient. 

PG : Evidemment ce que visent les canons du général Giap c'est le terrain d'aviation et petit à petit tout ravitaillement devient impossible.


PS : Le terrain d'aviation c'était la "voix sacrée", l'équivalent de la route de Bar-Le-Duc à Verdun durant la bataille de Verdun. Si on n'avait plus le terrain d'aviation, on ne pouvait plus rien évacuer, aucun blessé et les ravitaillements se faisaient par parachutage. 

PG : A partir du 5 avril, les troupes du général Giap ayant subi tellement de pertes, celui-ci décide d'arrêter de les engager à découvert et il décide de construire une véritable toile d'araignée, un réseau de tranchées de 350 kilomètres. C'est une guerre qui s'est faite sous terre, si bien que vous n'avez pratiquement jamais vu les ennemis.

PS : On savait où ils étaient, on les devinait, mais on ne les voyait pas. Quelques fois leurs tranchées étaient à quelques mètres, alors on balançait des grenades quand on entendait du bruit mais on ne pouvait pas indéfiniment envoyer des grenades et ils avançaient en dessous d'une certaine couche avec une carapace de sac de sable. C'est un travail extraordinaire. Ils attaquaient la nuit. 

PG : Les français aussi étaient enterrés. L'hôpital qui avait la présence de Geneviève de Galard, le médecin Grauvin ou Gindre entres autres.

PS : Ils ont tous fait un travail magnifique. Mais il y avait aussi dans chaque unité des antennes pour récupérer les blessés qui étaient devenus de faux petits hôpitaux. C'était terrifiant. Cette présence permanente des blessés et des morts, et ces choix tragiques que devaient faire les médecins (en fonction de la gravité et du temps pour soigner les blessés) étaient terrifiants. 

PG : Les lettres de soldats sont bouleversantes.

PS : Elles me font penser à celles de 14-18. Mais en y pensant, je revois cette boue, cette terre rouge sang, et je me souviens être descendu d'Eliane 1 "la sanglante" qui était un des endroits les plus terribles. Quand on creusait il y avait des cadavres, il y avait une odeur inimaginable. Ne pouvant pas filmer la nuit avec ma caméra, je redescendais avec les blessés et les brancardiers trébuchaient sur les corps. Je vous parlais tout à l'heure du courage prodigieux des viets mais de notre côté il y a eu un courage prodigieux qui reste pour moi un mystère. Pourquoi tant de courage pour un adieu au final ? Et je voudrais rajouter qu'on peut retourner au Vietnam et les vietnamiens reconnaissent qu'il y a eu quelque chose d'incroyable et ils ont du respect pour nous. 

PG : le 7 mai 1954 c'est la reddition des Français, sans drapeau blanc. Votre souvenir ?

PS : C'était à 5h30 de l'après-midi. Un temps magnifique. Il y avait eu un grand silence avant car pendant une heure ou deux il n'y avait plus de combat. On a reçu l'ordre de détruire nos armes et nos munitions. Et moi et les deux photographes avec moi (Jean Perrot et Daniel Camus) nous avons détruit nos appareils et toute une partie de nos pellicules en en gardant chacun un petit peu car on se disait "on va s'évader, il faut garder un petit peu de cette histoire". Personne ne nous avait donné l'ordre nous l'avons fait de nous même car nous étions des soldats. A ce moment là je n'ai jamais vu autant de soldats pleurer discrètement. A 5h45 les viets sont arrivés, ils savaient qu'ils avaient gagné mais ils étaient encore très inquiets. Celui que moi j'ai eu il avait un pistolet français, un Mac 49, il était surexcité. Il nous disait de lever les bras ou je ne sais pas quoi en vietnamien. J'ai vu Bigeard, il n'a jamais levé les bras. Très peu ont levé les bras et pas de drapeau blanc ! 

PG : Et pour beaucoup d'entre vous le plus dur allait venir, les camps de prisonniers vietminh.


PS : Oui on peut dire que les 3/4 sont morts soit sur la route soit arrivés dans les camps viets qu'on a dû construire nous même avec des"coup coup" qu'ils nous avaient prêtés. Pour nous amener les viets nous avaient fait passer par Eliane 1, c'était plein de boue... c'était d'une odeur...mais on était habitué. Et tout d'un coup on entrait dans la jungle et là c'était un air frais, on sautillait comme des ivrognes alors qu'on n'avait rien à boire si ce n'est un verre d'eau avec un 1/4 de sang car là où on prenait l'eau était tiré directement par les snipers. Je me souviens qu'un avion survolait de très haut et lâchait par-ci par-là non pas des vivres mais des médicaments.

2000 ans d'histoire - 7 mai 2004

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